Constat

En plusieurs années, la commune de Santeny a connu une évolution qui interroge de nombreux habitants. Elle tend aujourd’hui à devenir une ville-dortoir davantage qu’un lieu de vie collective.

Avec mon équipe nous avons sillonné, depuis des mois, les rues de Santeny en présentant une Enquête Participative Citoyenne. Le constat est amer :

La vie sociale, déjà fragilisée, s’est amoindrie, laissant place à un sentiment d’isolement croissant. Les grands enjeux du quotidien — économie locale, Mobilité et circulation, vie sociale, sécurité, santé, etc. — demeurent au cœur des attentes des Santenois. Certains aménagements récents ont transformé le visage de la commune. S’ils apportent une image soignée, ils suscitent aussi des interrogations sur leur utilité réelle pour la vie locale.

L’enjeu dépasse largement la simple dimension esthétique pour toucher aux aspects humains et collectifs qui font la vitalité d’une ville où il fait bon vivre. C’est précisément sur cette réflexion que nous souhaitons concentrer notre attention, afin que Santeny demeure un territoire où l’on vit pleinement et activement, et pas seulement un lieu où l’on réside sans réelle implication.

La démarche citoyenne engagée s’articule autour de six grands thèmes (voir ci-dessous) qui traduisent les priorités exprimées par les habitants. Ces axes ne résument pas l’ensemble de la réflexion : ils servent de base à un travail collectif pour imaginer ensemble l’avenir de la commune. D’autres sujets tout aussi essentiels — enfance et jeunesse, urbanisme, finances, vie associative, activités culturelles et sportives — feront également l’objet d’une attention approfondie, dont vous serez partie prenante.

Chacun de ces domaines trouvera sa place dans les orientations générales présentées au fil de la démarche participative. L’objectif est clair : construire une vision cohérente et humaine du développement local, en veillant à ne négliger aucun aspect de la vie collective.

Santeny dispose de nombreux atouts : un environnement préservé, une identité forte et des habitants engagés. Redonner à cette dynamique toute sa vitalité, c’est l’ambition partagée de nombreux Santenois attachés à leur commune.


les sens de circulation revues
Grande rue avant
Grande rue après

La circulation dans notre commune s’est considérablement complexifiée ces dernières années. Les nouveaux sens de circulation, les interdictions successives et les détours forcés ont bouleversé les trajets du quotidien. À cela s’ajoute la suppression de quatre dessertes de bus (Graviers, Marais, Gondy et Église), obligeant désormais les usagers, y compris les plus jeunes et les plus fragiles, à marcher jusqu’aux arrêts situés rue de la Libération.
Cette décision, présentée comme une volonté d’apaisement, a produit l’effet inverse. Les collégiens doivent désormais parcourir une distance importante, parfois de nuit, pour rejoindre un bus. On ne sécurise pas une commune en allongeant les trajets des enfants. C’est le résultat d’une vision théorique qui ne correspond pas à la réalité locale. Un projet mal anticipé peut sembler vertueux sur le papier, mais ses conséquences concrètes peuvent s’avérer bien plus graves.
Certaines rues soulèvent d’ailleurs de réelles inquiétudes en matière de sécurité. La Grande Rue, pourtant rétrécie pour réduire la vitesse, engendre désormais des face-à-face tendus, des automobilistes qui s’énervent et des polémiques incessantes. Et comme souvent dans les décisions mal calibrées, l’effet obtenu est l’inverse de l’effet recherché: moins de densité, plus de portions dégagées, donc certains roulent plus vite. L’apaisement promis s’est transformé en accélérateur involontaire pour conducteurs pressés ou inconscients.
La rue de la Fontaine est un autre exemple alarmant: aucune séparation physique, aucun plot, uniquement des jardinières. Résultat, poussettes et nounous doivent rouler sur des pavés irréguliers, au milieu des voitures qui se croisent. Un scénario accidentogène évident que beaucoup d’habitants constatent chaque semaine.
Dans ce contexte, la fameuse « mixité des transports » ne fonctionne pas. Ici, l’idée de passer facilement de la marche au vélo, du bus à la voiture relève plus du concept que de la situation réelle de Santeny. Notre commune n’a ni la densité, ni les infrastructures adaptées pour rendre ce modèle fluide et efficace. Continuer à l’imposer sans l’adapter revient à demander aux habitants de s’ajuster à un schéma qui ne leur correspond pas.

Il est temps de repenser globalement la mobilité. Circulation, stationnement, sécurité des piétons, cheminements cyclables, accès aux écoles, commerces et équipements: chaque décision doit être cohérente et pensée avec la vie quotidienne des Santenois pour horizon. Une mobilité mieux organisée ne doit pas être une contrainte, mais un atout pour notre qualité de vie. Les habitants souhaitent que leurs usages réels soient écoutés, pas simplement anticipés depuis un bureau.

Parce qu’une circulation mieux pensée, c’est une commune plus fluide, plus sûre et plus harmonieuse.


Santeny, une commune qui s’éteint peu à peu

Santeny a longtemps été un village vivant, porté par l’énergie de ses habitants, la vitalité de ses associations et une vie culturelle foisonnante.

Concerts, expositions, théâtre, fêtes locales : la culture faisait partie du quotidien, elle rassemblait les générations, créait du lien, éveillait la curiosité et nourrissait ce sentiment d’appartenance qui faisait la fierté du village.

Aujourd’hui, cette vitalité s’est peu à peu effacée. La commune tend à devenir un simple lieu de résidence, où l’on habite sans vraiment vivre ensemble.

Les week-ends, les rues se font calmes, les jeunes manquent d’activités, d’espaces d’expression et d’initiatives culturelles à leur mesure. Les familles, elles, cherchent des propositions locales accessibles, régulières et inspirantes. Privés de véritables temps de rencontre, beaucoup d’habitants se replient sur leur sphère privée. 

Les associations, longtemps moteur du lien social, peinent à mobiliser et à maintenir leur dynamisme. Les rendez-vous festifs et culturels se font rares, comme si la commune avait peu à peu perdu le goût du partage et de la découverte.

La forêt demeure notre dernier refuge, mais elle ne remplace pas cette culture vivante qui animait autrefois le cœur du village.
Pourtant, cette évolution n’est pas une fatalité.

Beaucoup de Santenois expriment un désir profond de renouveau fondé sur la culture, la créativité et le plaisir de faire ensemble.
Santeny possède encore toutes les ressources humaines, associatives et naturelles pour rallumer cette flamme et retrouver la vitalité culturelle qui faisait autrefois sa force, son identité et sa lumière.



Derrière l’image d’une commune paisible et privilégiée, Santeny connaît aussi des fragilités moins visibles.

Sous une apparente prospérité, certaines situations demeurent marquées par la précarité, la solitude ou le repli. Le taux de pauvreté — autour de 6 % selon l’INSEE — rappelle qu’aucun territoire, même réputé « aisé », n’est épargné par les difficultés économiques et sociales.

Mais le social ne se limite pas à la question du revenu. Il désigne aussi tout ce qui relie les habitants : la solidarité de voisinage, le soutien aux familles, l’attention portée aux aînés, l’écoute des jeunes et la capacité à vivre ensemble au-delà des différences.

À Santeny, ces liens se sont parfois distendus : les associations peinent à recruter, les événements fédérateurs se font plus rares, et de nombreux habitants restent centrés sur la sphère privée.

Le tissu social, autrefois dense et spontané, s’est fragilisé à mesure que les structures d’entraide ont perdu en visibilité ou en dynamisme. Dans ce contexte, la dimension sociale de la vie communale prend une importance particulière.

Il ne s’agit pas seulement d’apporter une aide ponctuelle, mais de prévenir l’isolement, de favoriser la solidarité et de maintenir des espaces de rencontre et de partage.

La mission sociale, c’est la capacité d’une collectivité à demeurer présente, accessible et attentive à chaque étape de la vie. Beaucoup d’habitants expriment le souhait d’une commune où la solidarité soit pleinement vécue, au quotidien.

Le social, ce n’est pas une ligne budgétaire ni des repas en cercle fermé : c’est une attention réelle, une écoute, une main tendue.
Une commune qui ignore ses fragilités finit toujours par s’éloigner de son humanité.


La maison médicale du Réveillon à Santeny a été en passe de fermeture au printemps 2025

La santé à Santeny : un Équilibre encore fragile

L’accès à la santé est devenu un sujet particulièrement sensible pour de nombreux Santenois. Notre commune a vu son offre médicale s’amenuiser au fil du temps, au point qu’obtenir un rendez-vous ou trouver un professionnel de proximité relève désormais du parcours du combattant.

Cette situation aurait pu être évitée. Des praticiens avaient pourtant manifesté la volonté de créer un véritable pôle santé à Santeny, projet cohérent et structurant pour notre territoire. Faute de dialogue et d’écoute, ils n’ont trouvé auprès de la municipalité qu’incompréhension et rigidité. Contraints de renoncer, ils ont choisi de s’implanter à Marolles-en-Brie, emportant avec eux une dynamique précieuse et une offre de soins que les habitants attendaient depuis longtemps.

Depuis, notre commune tente de rattraper ce rendez-vous manqué en développant, à grand renfort d’efforts, un dispositif que la volonté initiale des professionnels aurait permis de bâtir naturellement. Cet entêtement à vouloir imposer plutôt que construire ensemble a fragilisé la confiance et freiné la mise en place d’une offre médicale durable.

La santé ne se décrète pas, elle se bâtit avec les acteurs de terrain. Ce n’est pas une façade ni un bâtiment flambant neuf, mais une organisation vivante, ancrée dans les besoins réels des habitants.

Aujourd’hui, la médecine de proximité demeure une attente forte — presque vitale — pour une population qui vieillit et dont le quotidien se complique par l’éloignement des services essentiels. Les Santenois aspirent à une approche plus humaine, plus cohérente et, surtout, plus à l’écoute de leur territoire.
Les habitants soulignent l’importance de la prévention, de l’accompagnement et du bien-être, notamment pour les familles et les aînés.

La dette par habitant sur la période 2019 / 2024
source : Décomptes Publics

Une dette qui s’embellit… mais ne rapporte rien

Entre 2019 et 2024, la dette de Santeny a progressé de façon constante, atteignant près de 4 millions d’euros, soit environ 980 € par habitant. En trois ans, cela représente +35 % d’augmentation, sans création de richesse ni bénéfice durable pour la commune.

Cette dette n’est pas le fruit d’investissements structurants ou d’une stratégie économique. Elle provient essentiellement de prêts de long terme contractés pour des travaux d’embellissement, sans retour sur investissement. Autrement dit, on a contracté des dettes pour embellir les façades, pas pour renforcer les fondations de notre avenir collectif.

Dans une gestion responsable, l’endettement doit servir à accroître les recettes, stimuler l’activité économique locale ou améliorer durablement les services publics. Ici, il a surtout affaibli la capacité d’autofinancement de la commune, réduisant nos marges de manœuvre pour les années à venir.
En clair : on a décoré la vitrine en hypothéquant la maison.
Les Santenois remboursent aujourd’hui des prêts qui ne leur rapporteront rien demain.

Il est temps de retrouver une logique de gestion publique fondée sur la valeur ajoutée collective, la sobriété des choix et la cohérence budgétaire.

Santeny mérite des investissements qui servent le mieux-vivre, la jeunesse, les activités locales et la préparation du futur, pas des dépenses cosmétiques qui s’épuisent dès l’inauguration.


jeu problématique : l’enfermement de nos jeunes
l’ennui des jeunes sans activés sur notre ville

L’enfance et la jeunesse devraient être le baromètre d’une commune qui prépare l’avenir. À Santeny, ce baromètre envoie des signaux clairs, et pas vraiment rassurants. 

Les familles constatent un manque d’offre structurée pour les enfants et les adolescents. Les temps périscolaires fonctionnent, mais restent limités, sans véritable dynamisme éducatif ou culturel. Les activités proposées manquent de diversité, d’innovation et de continuité. Le centre de loisirs, pourtant essentiel, ne s’est pas adapté à l’évolution démographique ni aux besoins d’une génération plus exigeante, plus mobile, plus curieuse. 

Chez les adolescents, le vide est encore plus visible. Peu d’espaces dédiés, pas de vraie politique jeunesse, pas d’accompagnement vers l’autonomie, l’engagement ou la citoyenneté. Les jeunes se retrouvent à occuper les espaces publics sans cadre, faute de lieux pensés pour eux. On parle d’une « ville apaisée », mais on oublie qu’une ville ne s’apaise jamais quand sa jeunesse s’ennuie. 

Les partenariats avec le tissu associatif existent, mais restent sous-exploités. Santeny dispose pourtant d’un potentiel riche, avec des bénévoles, des talents, des pratiques sportives et culturelles prêtes à se développer si la commune leur en donnait les moyens. À la place, on observe un manque de vision globale, une absence de stratégie et un pilotage fragmenté. 

Les familles ont besoin de repères, d’un cap clair, d’une politique publique qui voit plus loin que la gestion quotidienne. Une commune qui prépare son avenir, c’est une commune qui investit réellement dans sa jeunesse : accompagnement, activités, prévention, mobilité, projets, échanges, initiatives, accès aux pratiques culturelles et sportives. 

Aujourd’hui, Santeny n’est pas à la hauteur de ce que ses jeunes méritent. Le potentiel existe, les besoins sont identifiés, les attentes sont fortes. Il manque la volonté, la cohérence et l’ambition.


Sortir de la carence : l’heure d’un urbanisme responsable

Santeny fait face à un retard profond en matière de logement social : avec seulement 274 logements sociaux pour 1 708 logements, la commune plafonne à 18 %, loin des 25 % (427 logements sociaux attendus) imposés par la loi. Le déficit d’environ 150 logements maintient la commune en carence préfectorale. Ce retard est le résultat d’une politique d’urbanisme qui, au lieu de réguler intelligemment la densification, a carrément stoppé ou amputé plusieurs projets structurants. Un permis pour un immeuble sur une parcelle de 6 867 m² a été refusé, un pôle médical a été découragé, et un projet de lotissement route de Marolles a été bloqué illégalement, au point que le conseil de territoire a dû annuler le refus du maire. La majorité revendique en plus l’« arrêt des programmes massifs » et a réduit les programmes sociaux Folie Bélanger, Jeanne de Brie et Villa Marie en « petites unités », limitant encore la production. À cela s’ajoutent des règles architecturales rigides et des espaces protégés excessifs qui ont gelé tout développement cohérent.

Les projets engagés aujourd’hui, comme l’îlot Ouest de la RN19 (61 logements sociaux) ou Bigoine (10 logements), ne suffisent pas à rattraper le déficit.

Pour lever la carence sans reproduire les erreurs du passé, il est indispensable d’abandonner l’idée dangereuse de concentrer la totalité des logements sociaux le long d’un même axe. La solution passe par une répartition sur plusieurs secteurs : RN19, place de Gondy, impasse de Bigoine, divisions foncières, petites dents creuses proches des services publics. Chaque opération doit rester de taille raisonnable, intégrer une part de logements privés et être confiée à des bailleurs capables d’assurer un suivi réel, avec gardiennage, médiation et encadrement des attributions. Cette stratégie évite les concentrations problématiques, garantit la tranquillité publique et permet enfin à Santeny de répondre à la loi sans sacrifier la qualité de vie des habitants.


Nuisance sonore aérienne

Santeny se trouve sous les trajectoires de décollage de l’aéroport Paris-Orly. Malgré un cadre réglementaire ancien (couvre-feu nocturne depuis 1968, limite de 250 000 vols annuels depuis 1994), le bruit des avions reste une forte nuisance pour les habitants. Les survols en montée, souvent à basse altitude au-dessus de l’est du Val-de-Marne, provoquent des gênes répétées, surtout le jour et le matin. L’absence de station Bruitparif à Santeny empêche des mesures locales continues, mais plusieurs sources convergent : le Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement (PPBE 2018-2023), les données des communes voisines, des essais techniques et de nombreux témoignages. Le PPBE estime que des dizaines de milliers de Franciliens autour d’Orly subissent des bruits affectant santé et qualité de vie. Santeny est pleinement concernée. Les évolutions européennes via l’Étude d’Impact de l’Approche Équilibrée (EIAE) renforcent les critères environnementaux et visent à éliminer progressivement les avions les plus bruyants. Sur le terrain, les habitants notent peu d’amélioration : les pics sonores persistent et la gêne reste forte. Face à cela, Santeny s’est jointe au collectif PRISALT, qui propose d’augmenter la pente de montée des avions jusqu’à 3 000 m pour réduire nettement le bruit sans déplacer les nuisances. Cette solution, testée par la DSNA, est crédible et mesurable.

Une réunion publique a présenté cette orientation pour associer les Santenois à cette démarche collective. Mais depuis, aucune suite politique concrète n’a été donnée. Pas de communication, d’évaluation régulière ni de pression auprès des autorités aéronautiques. L’initiative a été bonne, puis abandonnée. Résultat : les habitants subissent toujours les nuisances sans visibilité sur les avancées. La consultation citoyenne de mars 2024, avec 147 communes franciliennes, a confirmé le problème : 97 % des 50 000 participants demandent un couvre-feu élargi à 22h-6h et moins de vols nocturnes. Ce signal démocratique reste largement ignoré à Santeny.
En synthèse, notre commune reste exposée à un bruit aérien important qui affecte santé, sommeil et qualité de vie. L’engagement de Santeny dans PRISALT doit cesser d’être symbolique. Nous devons transformer une bonne idée laissée en plan en un véritable levier d’action politique, capable de défendre efficacement les intérêts des Santenois.
Nous détaillerons nos actions sur notre prochain programme de campagne. 

Santeny doit passer du simple constat à la négociation, de la participation passive à l’influence active. Parce qu’une tranquillité sonore efficace ne se décrète pas : elle se conquiert.


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Morosité dans nos associations

À Santeny, la dynamique associative, autrefois essentielle à la vie communale, traverse aujourd’hui une période de morosité profonde. Cette situation n’est ni conjoncturelle ni accidentelle. Elle résulte principalement de l’absence d’une politique associative municipale claire, structurée et lisible.

Au-delà des tensions apparues ces dernières années entre la municipalité et certaines associations, le problème central demeure le vide stratégique qui caractérise la relation entre la commune et son tissu associatif. L’absence de cap, de cadre partagé et de perspectives durables a installé un climat d’incertitude et de défiance, fragilisant progressivement l’engagement bénévole.

Lorsque les associations s’essoufflent, c’est toute la vie communale qui en pâtit. Les événements culturels, sportifs et solidaires se raréfient, les initiatives locales perdent en visibilité, et les habitants ressentent un affaiblissement du lien social et du sentiment d’appartenance.

Dans ce contexte, de nombreux citoyens renoncent à s’engager. Non par désintérêt pour leur commune, mais par refus d’entrer dans des logiques de tensions institutionnelles, de rapports de force ou de querelles de clocher. Le bénévolat repose sur la liberté, la confiance et le plaisir d’agir. Lorsqu’il est perçu comme exposé à des conflits ou à une instabilité permanente, il se retire.

La création d’une nouvelle structure municipale, telle que le comité des fêtes, n’a pas permis de compenser cet affaiblissement. Elle a même contribué à marginaliser davantage les associations historiques, pourtant piliers de la vie locale, en les privant de reconnaissance, de moyens et de perspectives claires.

Cette situation a des conséquences structurelles durables. Une gouvernance fondée sur la contrainte, l’alignement ou l’usage de leviers de pression ne constitue pas une politique associative pérenne. Elle fragilise le tissu associatif, freine l’innovation, installe une perte de confiance généralisée et crée une dépendance excessive au pouvoir municipal. Elle produit également un effet dissuasif sur l’engagement citoyen, le renouvellement des bénévoles et l’émergence de nouvelles initiatives.

La situation actuelle des associations à Santeny – morosité, créativité entravée, capacité d’initiative réduite – n’est donc ni un accident ni le fruit d’un contexte extérieur défavorable. Elle est la conséquence directe d’un mode de gouvernance qui a substitué la pression à la coopération et le contrôle à la confiance.

Pour redonner une dynamique positive à la commune, il est indispensable de repenser la relation entre la municipalité et les associations autour de principes clairs : transparence, dialogue, autonomie, coopération et valorisation réelle de l’engagement bénévole. Les orientations et projets qui en découlent seront détaillés dans notre programme de campagne.


À Santeny, la municipalité a mené, au fil des années, plusieurs actions en matière de sport et de culture. Ces actions existent et doivent être reconnues. Toutefois, elles ne s’inscrivent pas dans une politique globale, structurée et partagée à l’échelle de la commune. Aucune création de nouvelle structure sportive n’a été engagée et l’entretien des équipements existants s’est principalement limité à des interventions ponctuelles visant le maintien en condition opérationnelle. Le gymnase communal connaît depuis longtemps des dysfonctionnements, notamment des problèmes de fuites. Des incidents ont été recensés. Les réponses apportées sont restées ciblées, sans rénovation d’ensemble ni programmation à long terme.

Les investissements réalisés illustrent cette approche fragmentée :

  • la construction d’un club-house dédié au tennis,
  • l’installation de nouveaux projecteurs pour le terrain de football,
  • la réfection des tapis du dojo.

Ces actions ont permis des améliorations locales, mais elles relèvent d’une logique circonstancielle, sans articulation entre elles ni inscription dans une vision sportive communale. S’agissant du club house du tennis, un investissement public significatif a été engagé au bénéfice d’un nombre restreint d’utilisateurs. Si cette réalisation peut se justifier sur le principe, sa portée reste limitée en termes de service rendu à l’ensemble des habitants. Elle bénéficie exclusivement aux pratiquants du tennis et ne répond pas à un objectif d’usage partagé. La performance du service public attendu, au regard de l’intérêt général, reste donc limitée.

Dans ce contexte, la Santenoise, course solidaire en faveur de la lutte contre le cancer du sein, constitue un projet apprécié, fédérateur et porteur de sens. Il s’agit d’un événement récurrent, qui aurait pu s’inscrire dans une politique sportive et citoyenne plus large. Faute d’adossement à une vision structurée, il est resté un projet circonstanciel, sans prolongement ni déclinaison dans une politique sportive communale. Sur le plan culturel, plusieurs manifestations municipales ont été organisées. Leur impact est resté limité, faute de continuité, de structuration et de communication suffisante pour créer une dynamique durable et fédératrice. En l’absence de ligne directrice claire, ces initiatives n’ont pas permis de construire une identité culturelle communale ni de faire de la culture un axe structurant de la vie locale. Les actions menées relèvent principalement d’une logique d’opportunité et de maintien de l’existant, davantage que d’une politique sportive et culturelle anticipée et cohérente.

Nous ferons le choix inverse.

À Santeny, le sport et la culture ne seront plus abordés par ajustements successifs. Ils feront l’objet d’une politique municipale claire, pensée dans la durée et au service de l’ensemble des habitants. Le détail de cette orientation sera présenté dans notre programme de campagne.